Nathalie Gibert-Chabat donne une seconde vie aux sièges anciens

·5 janvier 2026·Actualités·5 min·

Tapissière d’ameublement en sièges, Nathalie Gibert-Chabat répare et redonne du cachet à des chaises anciennes depuis son petit atelier de Lavoûte-sur-Loire qu’elle a ouvert en 2019. Elle utilise pour cela des tissus de qualité comme ceux que l’on propose à la Maison Thevenon à Saint-Germain-Laprade et des outils anciens comme par exemple une cardeuse, un vieil outil que l’on retrouve chez tous les anciens tapissiers qui travaillent de façon artisanale.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’exercer ce métier ?

Nathalie Gibert-Chabat : Il y a pas mal d’années que j’avais le projet en tête. J’ai toujours aimé le travail du tissu associé au bois. J’ai fait des stages dans plusieurs départements car c’est un métier qui demande de la pratique. J’ai ouvert mon atelier à Lavoûte-sur-Loire en 2019, après avoir passé mon CAP à Limoges.

Et pourquoi ici ?

Parce que j’aime cette commune ! Je la connais bien car je suis native d’un village situé à proximité. Je ne souhaitais pas exercer mon métier en centre-ville car je voulais maintenir le côté atelier de mon activité et non pas travailler dans une boutique avec un atelier derrière.

Quels types de meubles rénovez-vous ?

Quelques fois des meubles de styles différents qui portent de jolis noms, comme une bergère, un fauteuil Voltaire qui est un grand classique, une marquise, une voyelle ou des bridges qui, à l’époque, nécessitaient un travail du bois très correct, avec une longue espérance de vie et qui aujourd’hui sont dans un bon état de conservation.

C’est le compromis entre l’ancien et le contemporain et ils ont le vent en poupe actuellement. La réfection de ces fauteuils est moins onéreuse que celle consacrée, par exemple, à une bergère.

De quelles façons, avec quelles techniques ?

J’affectionne en particulier les garnitures traditionnelles qui nécessitent l’utilisation de matériaux naturels. C’est quelque chose qui est d’actualité. Ce sont des matériaux sains comme le crin, qui permet de procurer un paillage des sièges qui est très efficace. Les garnitures en crin, même en mauvais état, restent denses.

C’est un travail que l’on pourrait presque apparenté à celui du modelage car on part d’un gros volume de crin que l’on pose sur le siège, que l’on doit maîtriser, travailler entre deux toiles et maintenir avec un système de piquage. J’utilise du crin en fibre végétale ou animale, de la toile de jute très souvent ou du lin ,du coton et de la ficelle à piquer.

Avec quels outils en particulier ?

Il y a notamment la cardeuse qui est un vieil outil et que l’on retrouve chez tous les anciens tapissiers qui travaillent de façon artisanale. Il reprend le système de la balancelle qui frotte un tamis. Le plateau du haut et celui du bas sont équipés de pointes en fer recourbées qui viennent faire des crochets. Cela permet d’homogénéiser la fibre. Plus le crin est aéré, plus le travail est précis.

Quels types de tissus utilisez-vous ?

Des tissus d’ameublement qui, par définition, sont solides et résistants à la lumière. Et parfois des tissus techniques qui sont traités pour absorber les liquides. Il y a également des velours avec différentes fibres, que ce soit en laine, en coton ou en soie. Ce sont des textiles qui sont assez onéreux aujourd’hui et qui sont souvent remplacés par des fibres synthétiques.

Je travaille notamment avec la Maison Thevenon à Saint-Germain-Laprade qui produit du tissu d’ameublement de qualité. Je guide mes clients qui m’apportent leurs sièges à rénover sur une sélection de tissus à choisir sur catalogue. Je les conseille au niveau de la texture, de la qualité ou de la couleur, en fonction de l’endroit où ils ont décidé de les installer à leur domicile.

Vous avez eu l’occasion de présenter votre métier à Monaco ?

Oui, c’était au mois de juin dernier. J’ai apprécié la richesse des échanges lors d’un événement consacré aux métiers d’art. J’ai pu rencontrer des artisans à la retraite et j’ai eu le plaisir de discuter durant quelques instants avec le Prince Albert II et son épouse. C’était un moment très chaleureux !

Quelle est votre clientèle ?

Mes clients sont de la région. Il y a également ceux qui ont des résidences secondaires dans le secteur. Et puis, j’ai des clients en Angleterre ou en Espagne.

Peut-on visiter votre atelier ?

Oui. Il faut pour cela me contacter par téléphone pour caler un rendez-vous. Mon atelier n’est pas très grand et c’est avant tout un lieu de travail. Je participe aux Journées des Métiers d’Art et j’ai déjà eu l’occasion d’accueillir des stagiaires scolaires. C’est important pour moi car le métier que j’exerce est devenu assez rare. Je pense que les jeunes ont du mal à trouver des centres de formation.

Pratique :
Atelier Toiles et Ramponneaux
Nathalie Gibert-Chabat
14 av du Cros – 43800 Lavoûte-sur-Loire
Tél. : 06 58 54 46 72
https://toiles-et-ramponneaux.fr/