Olivier et Christian Bernard élèvent la Noire du Velay

·20 avril 2026·Actualités·5 min·

Olivier Bernard et son cousin Christian ont la passion de la race ovine Noire du Velay. Menacée de disparition au début du XXe siècle, elle est aujourd’hui un fleuron de l’agriculture vellave. Au Gaec des Cabarets de Cussac-sur-Loire, ils produisent de l’agneau de qualité, label rouge. Avec 720 brebis, l’exploitation abrite l’un des plus gros troupeaux de la région. On y pratique trois agnelages en deux ans. Pour la commercialisation de la viande, les éleveurs passent par l’association des producteurs d’agneaux Noirs du Velay.

Le Gaec des Cabarets de Coubon, c’est une histoire de famille ?

Olivier Bernard : Oui. Il a été créé par mon cousin et son père. J’ai rejoint la ferme en 2005 et j’ai remplacé mon oncle qui partait à la retraite. Il a 82 ans maintenant, mais il travaille toujours un peu avec nous.

Il donne les biberons et fait des petites choses comme ça. Dans les années 70, il avait choisi d’élever des brebis Noires du Velay car la race était en voie de disparition. Avec d’autres éleveurs de la région, ils ont décidé de créer une Union Pour la Préservation des Races Animales afin de relancer la race brebis Noire du Velay. Aujourd’hui, c’est l’organisme de sélection qui a pris le relais et qui regroupe 17 sélectionneurs.

Qu’est-ce qui caractérise l’exploitation aujourd’hui ?

Nous élevons 720 brebis et on pratique trois agnelages en deux ans. Les agneaux sont abattus soit à l’abattoir de Polignac, soit à celui d’Yssingeaux.

Quelles sont les particularités de la Noire du Velay ?

C’est une race rustique qui, à priori, provient d’Afrique du Nord et qui a la particularité d’avoir une laine noire. Je crois qu’il n’y a que trois races de brebis qui ont cette particularité. La Noire du Velay est connue pour être une brebis qui est très bonne marcheuse et elle est plutôt légère, puisqu’elle pèse 60 kilos à l’âge adulte.

Enfin, elle permet d’avoir des agneaux toute l’année, contrairement à certaines races herbagères. En été, nos brebis sont essentiellement alimentés avec de l’herbe et lorsque nous sommes contraints de les nourrir à l’intérieur, nous leur donnons du foin ou de l’enrubannage en période hivernale. On les nourrit également avec des céréales cultivées sur notre exploitation.

Et en ce qui concerne le niveau gustatif de la viande ?

En ce qui nous concerne, nous élevons essentiellement de l’agneau de bergerie. Ils ne broutent pas l’herbe mais ils sont élevés au lait de la mère le plus tard possible. Les plus âgés ont entre 90 et 100 jours lorsqu’ils sont séparés de leur mère. Ensuite, ils sont alimentés en bergerie pour éviter les problèmes de parasitisme. Les agneaux sont abattus jeunes, ce qui procure une tendreté au niveau de la viande. De plus, le goût n’est pas aussi prononcé que la viande de mouton.

Sa notoriété dépasse les frontières de notre territoire ?

Oui. C’est une petite race qui est très locale, même si on a un troupeau de sélectionneur en Moselle. On a vendu des agnelles en Belgique et un peu partout en France. Il y en a dans la Beauce, mais les sélectionneurs se trouvent essentiellement sur le département de la Haute-Loire.

Comment est assurée la promotion de la Noire du Velay ?

Il y a bien sûr l’Association des Producteurs d’Agneaux Noirs du Velay et puis le site internet des Races ovines des massifs qui regroupe les 6 races du Massif Central, et qui fait partie du Collectif des races de massifs qui a pour but de défendre les petites races comme la Noire du Velay. Et puis, les réseaux sociaux nous permettent de la faire connaître.

Et en ce qui vous concerne ?

En ce qui nous concerne, on fait partie de l’Association des Producteurs d’Agneaux Noirs du Velay et de l’organisme de sélection. Et puis, on dispose du label rouge grâce à une société qui se trouve dans l’Aveyron. On passe par l’Association des Producteurs Indépendants de Viande, qui est basée à l’Immeuble Interconsulaire au Puy-en-Velay et qui regroupe des éleveurs ne souhaitant pas adhérer, par exemple, à une coopérative.

Comment est-elle commercialisée ?

Grâce à l’Association des Producteurs d’Agneaux Noirs du Velay qui a créé un logo permettant d’identifier l’agneau Noir du Velay auprès des étals des bouchers et des commerçants, et qui fait appel à un grossiste avec un prix fixé par les éleveurs. L’association compte 18 élevages qui produisent l’agneau Noir du Velay. 4 à 5.000 agneaux sont commercialisés chaque année. Il n’y a que quelques éleveurs qui effectuent de la vente en directe.

Pratique :
GAEC des Cabarets
Les Cabarets – 43370 Cussac-sur-Loire
Tél. : 06 98 65 24 84
https://www.agneau-noirduvelay.fr/